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Blog de Guy G

Mon premier Marathon
Guy Gg


Publié le 30 Septembre 2017
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En 4 années, le Marathon de Tours s’est imposé comme un rendez-vous incontournable en se classant dans le TOP 10 des marathons français labellisés « National ».
Rendez-vous sur la ligne de départ ce dimanche 24 septembre pour découvrir un parcours exceptionnel, entre le tracé de la Loire à Vélo et les Bords de Loire, ou encore le Château de Villandry et ses jardins à la française !
Mon premier marathon !
A l’heure où blanchît la campagne, la place Anatole France de Tours a mauvaise mine et les camions sont là, non pas plein de lait comme le chantait J Dutronc, mais pleins de matériel pour préparer cette grande manifestation. Il est 6h30, Tours s’éveille !
Etre à l’heure, c’est déjà être en retard, j’ai appliqué cet adage à la lettre. L’organisation ayant prévu un retrait des dossards le jour même, j’ai apprécié cette possibilité.
C’est ainsi qu’à 4h14, un beau matin de septembre le réveil a sonné. Mais là, contrairement à Boris Vian, je n’ai pas dit à ma poupée : « faut te s’couer ! c’est aujourd’hui qu’il passe… » vu que je suis seul à y aller et que ce n’est pas pour voir défiler le roi d’Zanzibar !
Le protocole quasi scientifique auquel je me suis contraintdepuis quelques temps déroulait invariablement son cours.
Les 10 dernières semaines ont permis de mélanger course à pied et vélo et pour confirmer mes certitudes qui peinaient à se frayer un chemin au dessus de mes doutes. J’ai engrangé en off, un semi puis 8 jours après un 42 kms sur les levées de la Loire entre Jargeau et Orléans.
C’est pas très malin !
Oui je sais, dans ces cas-là, on oublie les conseils , on en fait à sa tête, ce qui a eu pour conséquence de réveiller une métatarsalgie endormie. Repos, on perd le temps gagné, on étourdit le symptôme à grand renfort de massage à l’ibuprofène et on étouffe l’angoisse à grand renfort de mantras.
J-4, on sort l’artillerie physiologique ! 1,5L par jour de maltodextrineen sus des plats concoctés à base de riz, pommes de terre et pâtes al dente. Le liquide sucré a ses limites moi qui ne bois pas entre les repas, je pense alors aux gentillesses du Moyen-âge connues sous le nom de « cure à l’eau »mais bon, là, c’est pour la bonne cause. Avec l’entrainement , l’hydratation est la clé de la réussite ne dit-on pas ?
Et puis pour être encore plus sûr que sûr, allons-y pour une préparation de boisson énergétiqued’Overstims pour les efforts supérieurs à 3h. Il parait que c’est plein de glucides, d’antioxydants, de BCAA et autres protéines. Si avec tout ça, je ne suis pas prêt… Mais au fait, comment font ceux qui mettent moitié moins de temps que moi sur la même distance ?
Comme Michèle Laroque face à Pierre Palmade, là, on m’laisse faire mon petit bazar. Pas friand de solide aux ravitos, j’ai opté pour un programme liquide millimétré .
Prédosage de mes 2 gourdes de 250 ml à ma ceinture ainsi que d’une bouteille en plastique de 500ml que je coincerai au mieux. Ca ne pèse rien , de la poudre! Pour partir, 500ml de boisson d’effort ‘gatorade’ tenu à la main, et au cas ‘zou’ 3 gels et pi voilà ! Ainsi, on va pouvoir voir venir…

Retour au jour J, petit déjeuner comme à l’accoutumé mais beaucoup plus tôt, Orange, Muesli, lait végétal et confiture. La radio distille les dernières émissions de nuit. 4 heures me séparent du départ.
On n’oublie pas une dernière tartine d’anti-inflammatoire sur le bobo du pied et c’est parti , une heure d’autoroute…une bien belle journée devant soi !
L’avantage de venir aux aurores, c’est la tranquillité !
6h00 – Attention au radar, sortie Tours Nord. Des rues désertes, un bord de Loire ouvert et un vaste choix de places de parking à 2 pas des événements à venir, que demander de mieux ?
Il est temps d’aller chercher le dossard !
La place Anatole France face au pont Wilson s’anime petit à petit. Les camions déversent leurs lots de matériels, les bénévoles s’organisent, on déplie là, les grands tapis rouges, là, on pose des barrières pour la sécurité, le camion de FR3 Centre fait ses essais sonores, les forces de l’offre sécurisent les lieux .Le travail colossal de l’organisation est là, à l’oeuvre. Cela sera confirmé au départ de la course, tout le long du parcours et à la gestion de l’arrivée.
Je traverse la double ligne de tramway qui relie les deux rives de la ville. La perspective éclairée vers l’avenue de la tranchée est superbe alors que le soleil tarde à apparaître. Tours me semble être une bien jolie ville. Direction l’entrée de l’université François Rabelais à 200m…
7h00 -4 bénévoles pour me recevoir, on devait m’attendre. Formalités expédiées, ça y est j‘ai mon dossard et personnalisé s’il vous plait!
Seul récipiendaire du moment, j’en profite comme gentiment proposé pour faire des essais de taille. On a le temps, no stress.
On me tend une bouteille de rosé de Loire, Sweat et maillot. Là par contre, c’est pas top, donner un maillot de finisher avant la course, cela dévalorise celui-ci. Je le garde pour plus tard et le mettrait si je franchis la ligne, question de fierté, na !
8h00 : la place se noircit de monde, les camions sont partis, les bénévoles apprennent à se connaître. La zone des sas est prête, les consignes séparées pour les 3 courses 10,20 et Marathon sont opérationnelles, je découvre aussi, amusé, les toilettes ! La gente féminine se remarque d’entrée par la longue file devant 2 structures type cabane au fond du jardin chères à Cabrel. Les hommes, c’est plus spartiate. 2 poubelles remplies de sciure séparées par une mini cloison et la question est réglée.
ET là, à la queue leu-leu, chacun y va de son petit dépôt… je ne peux retenir un sourire.
Il est temps de passer à la consigne et de s’échauffer !
8H30 : Les sas se garnissent. On me replie gentiment vers la zone 4h30 moi qui ingénument me dirigeais vers les 3h30 ! Ben oui quand on connait pas, on connait pas !
On souffle, on respire, derniers étirements et on s’imprègne du moment. Le calme avant la tempête, je suis là, au départ d’un marathon, mon premier, un vrai de vrai et avec la promesse d’une météo superbe ! Moment exceptionnel qui couronne des années de préparation, moi parti de pas grand-chose, qui peinais alors à courir pour aller chercher mon pain près de chez moi.
Je remercie ici Yoann, mon fils ‘à moua’ qui peut-être sans le savoir m’a donné le déclic un jour de 2011 et ses conseils distillés régulièrement me permettant de progresser sur cette voie.
En effet, s’il m’arrivait de courir de-ci de-là, quelques dimanches, mes sorties certes agréables le long du canal d’Orléans, n’en demeuraient pas moins désordonnées et sans objectif. Yoann petit, me suivait en vélo et l’on se motivait à l’image du repas dominical qui nous attendrait au retour. Internet naissait et la mode du running n’était alors qu’un songe même dans l’esprit d’une sibylle des plus ouvertes.
Bien plus tard, il m’avait alors proposé de courir avec lui. N’entrevoyant pas l’issue, je l’accompagnais alors en vélo, à son grand étonnement. Cette sortie de 18kms a été un révélateur, une pierre dans ma vie organisée. Il a fait 18kms whouaa ! et même pas fatigué ! et moi un futur Papy en devenir sur les rails de la vieillitude s’était rabattu sur le vélo. Non, Il fallait que ça cesse !
Et cela a cessé.En unifiant le plaisir de la nature et de la pratique sportive. C’est ainsi que je cours sans attirail musical, ouvert aux informations captées en permanence le long de mes parcours. Ce sont des bruits, des images, des couleurs exaltées au coucher du soleil, des odeurs d’humus, d’orties ou de feuilles mortes quand l’automne pointe son nez frileux. C’est aussi un poisson qui plonge à mon passage dans le canal, un pivert à l’œuvre, un passage d’oie sauvage et quand il n’y a rien de tout ça, un passage par les méandres tortueux de la méditation, que du plaisir.

8H45 : BANG !bon là ça ne rigole plus.
Dans la fraicheur matinale, le démarrage est progressif et escorté par une double rangée de Tourangeaux bruyants et exaltés. Les premiers kilomètres sont extraordinaires ponctués d’encouragements et de groupes musicaux apportant une touche festive complémentaire. On ne se sent pas courir.
Jésus de Nazareth me double ! Faut reconnaître qu’il n’est pas anodin de voir passer une croix d’un mètre accrochée au torse nu d’un participant dont la chevelure est garnie d’une couronne d’épines ! J’apprendrai à l’arrivée de la voix du speaker qu’il en est à son 210eme Marathon. Gloire à lui et au plus haut des cieux !
Km5- Le peloton s’étire, l’ambiance est là. Des forts en voix en profitent pour y aller de leurs plaisanteries. On est bien.
Km10– L’ambiance reste sonore. J’ai tout appris en 5mn et malgré moi, de la préparation de 2 participantes volubiles dont la présence sur un marché de poisson n’aurait pas dénoter. De la participation au dernier trail de 32kms « les gendarmes et les voleurs de temps » à la mise en mode pause de toute tisane à base de raisin, leurverbage n’eut d’égal que la capacité à gérer la distance puisque progressivement, elles me laissèrent et ne les revis plus.
Ma bouteille gatorade est terminée. Le timing est respecté, j’attaque les poudres de mes gourdes au prochain ravito.
A ce sujet, mon coup de gueule. Il en faut un, je ne suis pas Frenchie pour rien ! Alors que l’organisation forte de ses 400 bénévoles circonscrits au seul marathon a prévu de grande poubelles, nombreux sont ceux qui après 2 gorgées jetèrentleur bouteille refermée sans vergogne sur le sol. C’est ainsi que s’égrènent au fils des kilomètres, des cadavres d’une société de consommation, gestes indignes de coureurs respectueux.On pourrait en dire autant des cadavres de Gel. C’est d’ailleurs là, une grande différence avec la philosophie du Trail.
Km15 – Très belle portion de circuit. Les méandres de la piste en partie ombragée en lisière du Cher laissent apercevoir une longue file colorée de centaines de minuscules points. La flamme du meneur d’allure 4H00 s’éloigne irrémédiablement 400m en avant, suivi de près par un centurion Romain porteur d’un drapeau Français (!).L’image d’une armée Napoléonienne en charge, étendard au vent me traverse l’esprit. Nous sommes en pleine campagne, l’ambiance est calme.
Pour l’instant tout baigne. Je m’astreins à absorber une gorgée de ma mixture tous les 5 minutes…
Au loin dans la colline verdoyante, Savonnières laisse entrevoir son clocher .Haaa douce Françe ….
Km17 – Beau village que Savonnières. Beaucoup de monde de part et d’autre de la route.
Quelques stentors se font encore entendre parmi les participants. Aux encouragements sur le prénom d’une coureuse réplique un tonitruant « ben et nous alors, on compte pas ! » suivi de quelques autres plaisanteries de bon aloi. La boulangère me tend une brioche et un pain au chocolat de la même main. Je m’en tire par un « trop lourd pour la route, merci ! » Là, un client du bout du bras propose à qui veut le prendre, un brock chargé à raz de bière. L’action n’aura duré que 10 sec, un gosier sec s’en empare.
Le pont sur le Cher, on le prendra au retour, il faut pousser jusqu’au Château de Villandry et puis revenir. 6kms que d’aucuns ont déjà avalés. Je reconnais la flamme du meneur d’allure des 3h30 enjambant déjà le pont et prendre la direction de Tours.
Km20 – Villandry le village. Bel écrin à son château et son parc à la Française que nous traversons en 2mn. A un passant m’encourageant, je lui réponds « Trop courte la visite !». Bon d’un autre côté, je n’ai rien payé à l’entrée !
Le ravitaillement sous une bien belle et longue allée ombragée m’autorise à faire une pause d’une minute. Le retour vers Savonnières est l’objet d’un duel (dans mon esprit du moins) avec une grande blonde d’une trentaine d’années. Se tirant la bourre ; elle me lachera définitivement 3kms plus loin. Encore une motivation qui s’en va !
Le semi est avalé en 2h04. Je pense aux premiers qui sont sur le point de finir, un autre monde !
Me vient la saillie de Jean D’Ormesson : « L’égalité n’est pas une réalité, juste un acte de Foi ! »

Km25 – Plus de bruit dans le peloton. Mais où sont donc passés les forts en voix ?
La fatigue apparaîtrait-elle ? d’ailleursse manisfestent les premières marches, ce n’est qu’un début…
Les quadris sont durs, la fatigue se distille insidieusement depuis quelques minutes déjà.
Je bois toujours mais avec parcimonie. Les gels restent à l’abri. Trop sucrés ils ne passeraient pas ! -
Plus près de moi, le Centurion Romain semble céder du terrain. Avec son grand drapeau au vent, on ne peut pas ne pas le voir. Mais plus de flamme des 4h00 devant, je dois perdre du terrain, sniff.
Km30 – Ma douleur plantaire reste contenue. Tant mieux, elle devrait rester humble jusqu’au bout. Je profite du ravitaillement pour m’asperger le visage, la nuque et les jambes. De toutes les façons, je sais que je finirais.
Km32 – Un abandon ! un jeune dont le sautillement typique d’un claquage appelle les siens au téléphone et signale sa position. Pas de chance, bon m’enfin il est jeune lui, il s’en remettra !
C’est dur, ça pique. Je ne comprends pas avec tout ce que j’ai pris ! Est-ce le fameux mur ou une conséquence des douleurs musculaires aux jambes ?
Je saisis une bouteille à la station d’épongeage qui apparaît et m’asperge abondamment. Coup de fouet !
Passe une ambulance précédée de son avertisseur sonore. C’est chaud pour quelqu’un là !
Km35 - La croix est devant moi. Jésus est à la peine. Son fardeau est lourd. Son chemin de croix comme le mien est encore long et pénible. Nouvel arrêt au stand à St-Genough où nombreux sont aussi les spectateurs. Je reprends une bouteille pour m’asperger. Le boost dure quelques instants. Un kilomètre à pied, ça use les souliers mais surtout c’est très long…quand on est dans le dur. Le compte à rebours est engagé, encore 7 ! Au loin les tours de Tours rallument ma flamme.
Km37- Pauvre Centurion. Il déguste aussi. Ça réconforte de ne pas se savoir seul. Je le passe…
Chaque virage est un but avant de passer au suivant. Les hectomètres sont ainsi grapillés…
Un participant étendu dans l’herbe se fait masser les jambes par quelques secouristes…
Km40-La Riche, banlieue de Tours, annonce les 2 derniers kilomètres. Qu’ils sont longs ces deux là. L’avenue n’en finit pas, très jolie avenue, fleurie d’ailleurs, propre et entretenue , caractéristiques sur lesquels je m’appesantis pour oublier le reste. 1, 2, 3, 4, 5 carrefours et passe les feux au rouge, le pied !
Un virage, puis un autre, la Loire, le dernier kilomètre ! Je pense à la ligne.
Je cherche l’arche d’arrivée, zut encore une courbe ! Pause 10s pour récupérer un peu d’énergie et finir ‘en forme’ !
Pas le temps, je suis happé par mon suiveur immédiat qui m’embarque et m’invite à franchir la ligne ensemble. Bien l’entraide, j’aime !
Le dernier kilomètre éprouvant, les 100 derniers mètres, une rédemption…
13H14 : KM42.195
La ligne enfin ! je passe sous cette arche attendue avec impatience. Je l’ai fait mon Marathon à moi, 4h29 !
Je pense alors à cette phrase attribuée à Thierry Roland :
« Je crois qu'après avoir vu ça, on peut mourir tranquille. Enfin, le plus tard possible, mais on peut. Ah c'est super. Quel pied, ah quel pied ! Oh putain ! Olalala ! »

Repousser nos limites peut avoir un réel impact sur notre perception de soi. Il est difficile de décrire la satisfaction que l’on ressent lorsqu’on réussit quelque chose de nouveau et difficile. Au lieu de nous dire que nous en sommes incapables, confronter l’inconnu apporte un résultat assurément positif en développant son estime personnelle, aspect si important à notre qualité de vie avec pour corollaire se sentir bien dans sa peau.
Je garde ma fierté, mon téléphone est encore à la consigne, je m’assoie et profite du généreux soleil qui sèche mes habits. Et là comme à la terrasse d’un café baignée de soleil, bénaise, je regarde et décortique les multiples situations.
Des passages de coureurs claudiquants aux longues attentes devant la tente des masseurs et kinés, des commentaires enfiévrés du speaker sur les arrivées qui se poursuivent au vomissement salvateur d’une participante bien pâlichonne, de la paella géante servie gracieusement en bord de Loire aux accords généreux sur les » Démons de Minuit » et autre « Partenaire Particulier », Un bonheur que sont ces instants !
On reconnait ces moments au bruit qu’ils font en partant dit-on. C’est la venue d’un bénévole réquisitionné au ramassagedes chaises vides environnantes qui signalera la fin de la fête.
Quelques coureurs arrivent encore…
Il est temps d’annoncer aux miens. Je suis Marathonien !

Guy Gg

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Dix choses à ne pas oublier avant une course !
S’inscrire Avoir une licence valable ou un certificat médical autorisant la pratique de la course à pied en compétition (les modèles sont généralement téléchargeables sur le site de la course). Se fixer un objectif réalisable (ne pas se dire qu’on va faire moins de 40 minutes si on met une heure pour un 10 km) et s’inscrire dans le bon sas (toutes les courses ne proposent pas de sas) Visualiser le terrain (le parcours se trouve généralement sur le site de la course) : parcours roulant, présence de pentes, type de parcours (mixte, terrain, bitume). Repérer les moyens de se rendre ...
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Publié le 17 Avril 2017 par Benjamin Mercier

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