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Trail des Maquisards - Lorris - Edition 10 Nov 2019
Guy Gg


Publié le 15 Novembre 2019
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Trail des Maquisards ! Mais qu'est ce donc ?
Chaque année au mois d'Aout a lieu ce Trail pèlerinage situé en pleine Forêt d'Orléans, forêt domaniale la plus grande de France avec 35000 Hectares.
Je me devais de plonger dans l'histoire en cette période de Novembre où le devoir de mémoire s'invite en chacun d'entre nous.
Le Maquis de Lorris, le plus important de la forêt d’Orléans, est un exemple quelque peu atypique dans la mesure où il a été organisé dans le but de former des unités mobiles de part et d’autre de la Loire après le 6 juin 1944, mais qui est devenu un maquis bien plus important au gré d’événements totalement imprévus provoquant le regroupement de plusieurs maquis de la région. A l’été 44, ce sont 500 à 600 hommes qui après un mois de guérilla sur les arrières de l’ennemi se lancent dans la libération du territoire, délaissant l’abri relatif de la forêt pour la lutte au grand jour. A leur actif, la libération d’Orléans aux côtés des Américains, et une participation efficace à la libération de Paris aux côtés de l’Armée Leclerc ! De Bataille en guet-apens, ses victimes ont été inhumées dans la forêt en divers endroits que le tracé de ce trail va côtoyer.
Initialement prévu en plein cagnard de cet été 2019, il a été annulé suite aux risques élevés d'incendie. Reporté ce 10 Novembre, le risque est on ne plus écarté, il a plu comme vache qui p... depuis 3 semaines et ce matin, le centre d'une dépression a décider de poser ses quartiers sur la région .
Le tracé est un parcours 100% nature en semi-autosuffisance. La course principale « Les Maquisards » (23 km) va nous conduire sur deux boucles distinctes sur les pas du Maquis de Lorris et des Martyrs du 14 août 1944. Au menu, allées, sentiers, sous-bois, déambulations autour de l étang du Ravoir et un passage de gué très apprécié par temps chaud mais peut-être moins en Novembre. Au programme aussi, Chênes pédonculés remarquables et séquoias géants dont le plus majestueux, arbore une taille de 37m pour une circonférence de 7m à 1.50m de haut.
Il y a aussi des bosses!! Un peu casse-pattes nous a t'on dit.
C’est bien sûr par un rappel des événements tragiques du 14 août 1944 devant le mémorial du maquis de Lorris qu’a débuté la journée, avant un moment de recueillement sur quelques mesures du chant des partisans face au cénotaphes des maquisards et de la stèle du capitaine Giry.
Donc il pleut ! Nous sommes 400 sur les 23 et 14 kms à patienter. Pour ma part, habitué au massif d'Ingrannes, l'un des 3 massifs de cette immense forêt, je vais découvrir cet endroit chargé d'émotion.
Comme dab, placé à la moitié du groupe au départ, le troupeau mettra 2 kms à s'étirer. 1000m sur une grande allée forestière carrossable puis à gauche toute et début des réjouissances sur des sentes détrempées aux fâcheuses tendances à se réduire à des monotraces sur de grandes portions du parcours.
Et mon état d'esprit dans tout ça ?
Posons le personnage: Vaillant jeune V3, je sais pertinemment que ma place aux résultats sera dans le dernier tiers. L'immense majorité des traileurs sera composée de jeunes intrépides, trentenaires valeureux, quadras fougueux et vaillants quinquas. Je dois donc m'employer à ne pas me décevoir en insérant quelques infortunés coureurs entre ma pomme et la lanterne rouge.
Ce titre typiquement honorifique n’a rien de péjoratif soit dit en passant. La marche est haute avec le premier. Alors à quoi bon blâmer le dernier ? En 1903, lors du premier Tour de France, c’est 60 h et 57 s de retard au classement qu’Arsène Millochau avait sur le vainqueur, mais le coureur est présent, finit le parcours, tout le mérite est bel et bien là. Le dernier coureur fait partie de ceux que l’on n’oublie pas pour un temps, il obtenait même des contrats lucratifs à l’époque. « L’important c’est de participer », comme le disait Pierre de Coubertin.
Ca s'est dit mais si on peut éviter cette place...
Donc ça tourne et retourne et serpente dans les sous-bois pas encore entièrement dégarnis. Les feuilles à terre sont là, la boue est là aussi pour former de-ci de-là quelques patinoires gluantes quand une racine transverse ne vous rappelle pas à la vigilance. La pluie fine continue à arroser les arbres qui rendent l'eau en de grosses gouttes s'écrasant bruyamment au sol. Quelques paisibles randonneurs sont avalés par moments, partis qu'ils sont,1 heure auparavant.
Les sentes prennent de la 3D au sein de zones torturées. Il faut bien que les 250m de D+ soient quelque part. On me double de temps en temps. J'accroche au passage la couleur du dossard pour trier mentalement ceux qui seront devant au scratch. Ce qui au passage créer une certaine pression, maintenir le train! Dans l'ensemble la chenille s'étend entre les arbres mais reste unie en format un long ruban bigarré.
Un bref passage en rive de l'étang du ravoir et cela repart pour une montée sinueuse où les pas ripent sur le sol détrempé.
Ca tournicote encore et encore. j'ai abandonné l'idée de m'orienter, de toutes les façons, dans la futaie ce serait illusoire.
Comme une éclaircie dans la nuit, un long chemin forestier vient remplacer l'interminable single. Me remémorant le tracé longeant l'étang pour le contourner par le Nord, j'attends le passage du Gué !
Bon pas moyen d'y louper même à cloche pied, trop long et profond à mi-mollet. Voyons le verre à moitié plein, cela va nettoyer les chaussures.
Effectivement, nous sommes loin de la température de l'eau de ma baignoire. Cette singularité somme toute appréciée, ce sont les floc floc qui m'accompagneront sur les hectomètres suivants qui vont m'occuper l'esprit et éloigner une certaine sensation de fatigue naissante.
De grandes portions de ligne droites géométriques à 90° vont suivre jusqu'à ce que nos chemins se séparent d'avec nos compagnons du 14k qui voient eux la fin de leurs parcours.
Et là, c'est l'angoisse. Je me retourne. La file s'est nettement clairsemée. Combien encore sont derrière moi ? Aie aie aie. ne pas faillir, encore 9k sous les arbres. J'entends la sono accompagnant l'arrivée du 14km au loin. Le bruit porte en forêt. Cela me permet de m'orienter et d'imaginer la boucle que je parcours.
Et c'est reparti pour des sigles tortueux où les champignons sont aussi nombreux que des légos dans une chambre d'enfant. De toutes les façons, les champignons j'y connais rien et c'est pas le moment de les ramasser. Je sens mon allure faiblir. Je maintiens un 6'/k.
Annoncés par un panneau, de splendides chênes aux ports majestueux recouvrent éparts, une clairière. Cela mériterait une pause, on ne voit qu'eux mais je force mon regard sur le sentier. Inflexible je maintiens le cap et l'allure. Flexuosités après courbes, j'entends les bip salvateurs à ma montre annonçant les kms qui s'égrainent à un rythme de sénateur.
Au loin, le bruit des clameurs a baissé. Un p'tit coup de cul de 15m pour toper une nouvelle butte à 165m et puis une descente au dernier ravito où l'excuse de la prise d'un bout de sucre m'arrête 20 sec.
Argh, on me dépasse, -1 au scratch faut pas que ça se reproduise. Je repars...
Aie encore une montée où je m'aperçois que marcher là, au pas forcé va aussi vite que courir.
3 lignes droites me séparent du but. Mais à la troisième, encore un passage de 152 à 167m en 300m. Nous sommes près du point le plus haut de la forêt à 174m, diable !
Faut dire que nous sommes dans l'Orléanais. Plus proche du plat pays que des monts d'Auvergne. Alors une butte de 50 m sur un plat moyen de 120m passe pour un relief conséquent chez nous, les autochtones.
Arrivant dans l'indifférence, je me doute bien que nombre de mes supporters(s'il y en avait ) sont partis depuis longtemps et que les premiers sont arrivés depuis 50 mn au moins.
Le plaisir est néanmoins là! Quelques arrivées éparses m'encouragent à croire à un classement somme tout honorable.
Allons grignoter ce que l'organisation a abondamment posé sous les tentes...
Après l'effort, le réconfort, il est ces moments de détente où je prends plaisir à scruter les moindres choses. Des remises de récompenses aux diverses catégories jusqu'aux commentaires du speaker, des échanges entre participants jusqu'aux gâteries requinquantes et sucrées qui me font des signes.
Néanmoins, la pluie s'est immiscée partout et le froid me rattrape, il est temps de retourner à la voiture.

Bilan: Contrairement à P'tit Gibus et à sa fameuse réplique, là si j'avais su, j'aurai venu aussi!
Nonobstant la météo, cette manifestation au caractère rural, intime et historique m'a séduit.
Pas une once de minéral, tout en sous-bois pour un nombre d'inscrits raisonnable, nous sommes là, loin des courses éléphantesques. Si les senteurs estivales ont laissé place aux clapotis de la pluie dans les futaies, bien-être et décontraction furent néanmoins bien présents. Je me suis appliqué à accrocher les noms de ces jeunes résistants fauchés dans la fleur de l'âge, écrits sur les nombreuses tombes disséminées sur le parcours. Ce devoir de mémoire à l'ordre du jour m'a touché et si je suis là, épris de liberté à courir, c'est en partie à eux que je le dois, eux qui n'ont pas eu sur la forêt le même regard que le mien, tout occupés qu'ils étaient à vivre cachés, leurs vies en péril à tout instant.
Au regard des 12€ du montant de l'inscription, le bénévolat à fait montre d'efficacité.
Force est de constater l'implication de ces obscurs organisateurs. Course en semi autonomie, la rubalise rouge/blanc a fait aussi son office. Quelques bénévoles aux points stratégiques, logique, mais l'ampleur de leur tâche s'est révélée dans l'organisation à l'arrivée des participants, à la gestion des différentes courses entrecoupées de randonnées ainsi qu'au suivi post arrivée. Notre course est terminée, nous partons mais eux restent pour démonter, nettoyer et clore cette journée.

Il me tarde de revenir l'année prochaine... au mois d'Aout !
Entre temps, Le marathon de l'espoir à Sully dans le cadre du Téléthon m'attend le 8 dec prochain. Gageons que ce jour viendra, bonifié des efforts fournis aujourd'hui.

Guy Gg

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Publié le 04 Septembre 2015 par Elric My-trail

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